Famille d'accueil pour animaux : est-ce rémunéré ? Qui paie quoi

Aurélien5 min de lecture
Un homme assis par terre dans son salon caresse un petit chien
Un homme assis par terre dans son salon caresse un petit chien

Non, une famille d'accueil pour animaux ne reçoit pas de salaire : elle accueille bénévolement un animal pour le compte d'une association. Ce qui doit être clair, en revanche, c'est la prise en charge des frais (vétérinaire, nourriture, matériel), que le contrat d'accueil doit obligatoirement préciser.

Voici qui paie quoi, comment se faire rembourser et dans quels cas l'abandon de frais ouvre droit à une réduction d'impôt.

Textes consultés le 3 novembre 2026 sur bofip.impots.gouv.fr, service-public.gouv.fr, associations.gouv.fr et Légifrance. Cet article informe ; il ne remplace pas un conseil fiscal ou juridique.

Une famille d'accueil est-elle payée pour accueillir un animal ?

Non. L'administration fiscale décrit le bénévolat comme « la participation à l'animation et au fonctionnement de l'association sans contrepartie ni aucune rémunération sous quelque forme que ce soit, en espèces ou en nature », avec une seule exception : le remboursement des dépenses engagées, « pour leur montant réel et justifié » (BOFiP, BOI-IR-RICI-250-20, n° 180).

Un remboursement de frais n'est donc pas un salaire. Les bénévoles ne sont pas imposables sur ces remboursements tant qu'ils correspondent à des dépenses réellement engagées et justifiées (associations.gouv.fr, droits des bénévoles).

Le même site précise qu'une indemnisation forfaitaire n'est admise qu'à titre exceptionnel, si elle reste proche des frais réels, comme les indemnités kilométriques.

Le contrat-cadre de famille d'accueil généré par Pawer le dit aussi : une de ses clauses porte sur la nature du lien et précise qu'il ne s'agit pas d'un contrat de travail.

Qui paie quoi : vétérinaire, nourriture, matériel ?

Le contrat d'accueil doit indiquer qui prend en charge les frais vétérinaires, comment ils sont remboursés si la famille les avance, et qui prend en charge les frais liés à la détention de l'animal (article D214-32-3 du code rural). Le texte demande que ce soit écrit ; il ne fixe pas la répartition. Chaque association décide de la sienne.

Voici les postes à vérifier dans votre contrat ou dans les consignes écrites de l'association avant le premier accueil.

  • Frais vétérinaires (consultations, vaccins, stérilisation, traitements) : qui paie, s'il faut un accord préalable, quel vétérinaire consulter, comment se faire rembourser si vous avancez la somme. Mention obligatoire du contrat.

  • Nourriture et litière : fournies par l'association, achetées par la famille puis remboursées, ou laissées à la charge de la famille. Fait partie des frais liés à la détention, mention obligatoire du contrat.

  • Matériel (panier, caisse de transport, gamelles, jouets) : prêté par l'association ou acheté par la famille. Également un frais lié à la détention.

  • Déplacements (chez le vétérinaire, aux rencontres avec des adoptants) : remboursés ou non, et sur quelle base. Selon les règles de l'association.

Notre article sur les mentions obligatoires du contrat de famille d'accueil détaille ces clauses une par une.

Qui paie le vétérinaire en cas de problème de santé ?

C'est le contrat qui répond. Avant de prendre rendez-vous, vérifiez si l'association demande son accord préalable, avec quel vétérinaire elle travaille et ce qui est prévu en cas d'urgence.

Si l'animal tombe malade, notre guide animal en famille d'accueil malade : que faire ? explique les bons réflexes, étape par étape.

Comment se faire rembourser ses frais ?

Gardez chaque facture et chaque ticket, avec le nom de l'animal et la date. Transmettez-les dans le délai et sous la forme prévus par l'association.

Pour une dépense importante ou inhabituelle, demandez l'accord de l'association avant d'acheter. Si une règle n'est pas écrite, demandez-la par écrit : c'est plus simple pour tout le monde.

Peut-on déduire ses frais de ses impôts ?

Oui, sous conditions, grâce à l'abandon de frais. Au lieu de demander le remboursement, la famille d'accueil peut y renoncer et laisser la somme à l'association en tant que don. Les frais d'un bénévole peuvent en effet « soit être remboursés », « soit bénéficier de la réduction d'impôt relative aux dons » (BOFiP, n° 170).

Les conditions, d'après le BOFiP et associations.gouv.fr :

  • l'association remplit les conditions de l'article 200 du code général des impôts, en particulier l'intérêt général ;

  • les frais sont engagés strictement pour l'objet de l'association, sans contrepartie pour le bénévole (BOFiP, n° 190 et 200) ;

  • les frais sont dûment justifiés (factures, détail des kilomètres parcourus) et chaque pièce mentionne l'objet de la dépense (BOFiP, n° 210) ;

  • toute personne dans la même situation aurait pu obtenir le remboursement si elle l'avait demandé (associations.gouv.fr) ;

  • le bénévole renonce expressément au remboursement, par exemple avec une mention sur la note de frais : « Je soussigné (nom et prénom de l'intéressé) certifie renoncer au remboursement des frais ci-dessus et les laisser à l'association en tant que don » (BOFiP, n° 240).

L'association conserve les justificatifs et la déclaration d'abandon. Elle peut ensuite délivrer un reçu fiscal (Cerfa 11580), qui permet aussi de justifier les sommes correspondant à la renonciation d'un bénévole au remboursement de ses frais (service-public.gouv.fr).

Pour un don à un organisme d'intérêt général ou reconnu d'utilité publique, la réduction d'impôt est de 66 % du montant, dans la limite de 20 % du revenu imposable (service-public.gouv.fr, dons aux associations). Les frais abandonnés suivent les mêmes plafonds et taux que les dons. Une personne non imposable ne profite pas de la réduction, mais peut demander le remboursement de ses frais (réponse ministérielle publiée au Sénat).

Sous réserve : toutes les associations de protection animale ne remplissent pas forcément ces conditions. Demandez à la vôtre si elle délivre des reçus fiscaux avant de renoncer à un remboursement. Un prochain article détaillera l'abandon de frais du côté de l'association.

Que fait Pawer pour les frais d'une famille d'accueil ?

Pawer n'a pas de module de remboursement de frais et ne gère pas l'abandon de frais : ces échanges restent entre vous et l'association.

Ce que l'outil apporte aux familles d'accueil : un formulaire public de candidature pour rejoindre le vivier de familles d'accueil, un contrat-cadre pré-rempli signé en ligne avec une clause sur les soins vétérinaires, et une section Documents sur la fiche de la famille, où l'association peut classer ses consignes écrites. Pour en savoir plus, voir la page Pawer pour les familles d'accueil.

À lire aussi : la famille d'accueil définitive, que faire si l'animal accueilli tombe malade et le contrat de famille d'accueil, mention par mention.

Vous souhaitez accueillir un animal ? Rejoindre le vivier FA ou parcourir l'annuaire des associations pour trouver une structure près de chez vous.

Questions fréquentes

Non. La famille d'accueil agit bénévolement, sans rémunération. Seul le remboursement de ses dépenses réelles et justifiées est admis, et ce n'est pas un salaire (BOFiP, BOI-IR-RICI-250-20, n° 180).

C'est le contrat d'accueil qui le dit : il doit préciser qui prend en charge les frais vétérinaires et comment ils sont remboursés si la famille les avance (article D214-32-3 du code rural). Vérifiez aussi s'il faut un accord préalable de l'association.

Oui, sous conditions : si vous renoncez expressément au remboursement de frais justifiés, engagés pour une association d'intérêt général, ils peuvent ouvrir droit à la réduction d'impôt des dons, avec un reçu fiscal de l'association (BOFiP, n° 170 à 240 ; service-public.gouv.fr).

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